BERTHE MORISOT L’impressionniste femme en noir 

Souvenez-vous ! Le 17 octobre 2020, j’ai partagé avec vous un podcast : Les femmes artistes du Palais des Beaux Arts de Lille.

Un épisode sous forme d’une visite guidée que vous pouvez retrouver ici : https://anchor.fm/artaufeminin/episodes/Les-femmes-artistes-du-Palais-des-Beaux-Arts-de-Lille---Visite-guide-avec-Delphine-Rousseau---Conservatrice-ejquk9/a-a38gvif 

Cet enregistrement est un avant gout de la nouvelle saison, la saison 2 de ART au féminin. Saison que je vais dédier a ces quelques femmes artistes présentes au Palais des Beaux Arts de Lille comme :

Camille Claudel

Berthe Morisot

Marie Laurencin 

Sonia Delaunay 

Genevieve Asse 

Rosa Bonheur

Une bande-annonce présentant cette nouvelle saison est a écouter ici : 

Aujourd’hui, je vous parle de Berthe Morisot ! Sa vie ! Son Art ! L’impressionniste femme en noir !

Portrait Berthe Morisot - Edouard Manet

Berthe Morisot - Son histoire : 

Le 14 janvier 1841 a Bourges, c’est la venue au monde de Berthe Morisot.

Elle a pour père, Edmé Morisot et pour mère …

Berthe est la troisième enfant. Des deux soeurs, Yves et Edma. Et un frère, le dernier Tiburce. 

« Berthe, née ténébreuse, pique des colères, répond du tac au tac. Souvent insolente, acide ou carrément butée, elle se heurte a l’autorité du père. Edme Tiburce a le don d’exaspérer Berthe qui, dans ces moments la se renfrogne, s’en ferme dans un mutisme hostile et se venge a table en refusant de manger. Quelle que soit la cause de la dispute, Berthe est sûr d’avoir une alliée : Edma se range toujours de son coté, sans hésiter, dans la bataille engagée … chez les Morisot, les femmes sont la majorité … » 

Passage du livre - Dominique Bona - Berthe Morisot - Le secret de la femme en noir 

L’art, comme le voulait cette époque, a une place primordiale dans l’éducation des filles.

Ainsi, les soeurs Morisot apprennent le piano et le dessin. Elles ont d’ailleurs comme professeurs les peintres Geoffroy - Alphonse Chocarne et Joseph Guichard.

Edma et Berthe excellent et vont régulièrement au Louvre afin de copier des chefs-d’oeuvres. Le reste du temps, les soeurs peinent dans le salon de la maison Morisot.

Elles exposent pour le première fois au salon des Beaux Arts de 1864. Berthe expose cette année la des paysages. 

« En 1865, leur père, promu dans la fonction publique, et qui a désormais les moyens de gâter ses filles, leur a fait construire un atelier ! Cadeau inestimable, dont elles n’osaient plus rêver. Dans le jardin de neuve, appuyée au salon, devient leur domaine privé »

Passage du livre - Dominique Bona - Berthe Morisot - Le secret de la femme en noir

Les soeurs continuent de peindre et d’exposer au salon. Les déplacements réguliers au Louvre, les diners familiaux permettent aux soeurs Morisot de rencontrer des écrivains, poètes et peintres.

C’est ainsi que Berthe Morisot rencontre Edouard Manet en 1868 au Louvre.

« Il s’interesse au travail de Berthe, puis propose qu’on se revoie … Manet, n’est guère habitué a voir des femmes peindre. Il vit au milieu d’un cercle d’artistes, tous des hommes, ou les femmes sont des modèles, des amis, des compagnes. Jamais des alter ego »

Passage du livre - Dominique Bona - Berthe Morisot - Le secret de la femme en noir

Ces deux artistes vont apprendre a se connaitre, ils vont apprendre l’un de l’autre. Berthe sans le savoir va avoir une grande influence sur lui. Mais pour l’heure elle va poser pour lui. 

Edouard Manet, réalise plusieurs peintures ou y figure Berthe Morisot comme : Berthe Morisot a l’éventail que nous pouvons retrouver au Palais des Beaux Arts de Lille.

Berthe Morisot - Edouard Manet - Palais des Beaux Arts de Lille

Le 8 mars 1869, Edma épouse Adolphe Pontillon, un officier de marine vivant en Bretagne. Le mariage d’Emma laisse Berthe désemparée. D’ailleurs, les deux soeurs vont souffrir chacune de l’absence de l’autre.

Berthe rend visite a sa soeur a plusieurs reprises. Et ramène de Bretagne quelques tableaux comme par exemple : une vue du petit port de l’Orient.

Grande toile rectangulaire ou Edma, assise sur un parapet dans une gracieuse robe blanche, tachetée de rose et de mauve, aux couleurs de son ombrelle, tourne le dos au paysage. Des bateaux de pêche sont a l’ancre dans le port. Le ciel se reflète dans la mer avec ses nuages, et le port, dessiné dans des tons de gris et de brun avec la délicatesse.

C’est l’un des plus beaux tableau de Berthe Morisot. Elle offrira cette toile a Manet, qui ne tarit pas d’éloges et s’intéresse pour la première fois a sa peinture. Il la consultera souvent.

Berthe affirme peu a peu son originalité et trouve un style personnel nettement impressionniste.

Mais pour l’heure, alors que Berthe a toujours refusé de se marier. Le 22 décembre 1874, elle épouse Eugene le frère d’Edouard Manet a Notre-Dame- de Grace de Passy. 

Comme je le disais, Berthe Morisot a un style personnel nettement impressionniste. Elle suit son chemin sans se laisser intimider. Elle ose exposer pour vendre ! Une façon pour elle de s’émanciper. Elle met fin a l’académisme, elle met fin au salon ou elle expose pour la dernière fois en 1873.

Le 27 octobre 1873, elle signe la charte qui regroupe sous une bannière indépendante des artistes anonymes, parmi lesquels elle figure, seule femme au tableau. Son nom apparait a coté de ceux de Claude Monet, Edgar Degas, Camille Pissaro, Alfred Sisley, Pierre-Auguste Renoir, et Henri Rouart … Berthe Morisot est une artiste dont la présence est requise et jugée nécessaire. 

Bien que Edouard Manet déconseille a Berthe de se lier a ce groupe. Elle fait partie de la bande ! La bande des impressionnistes ! 

En 1874, Monet, Renoir, Pissaro, Degas et Berthe Morisot fondent la société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs qui a pour objectif de permettre aux impressionnistes d’exposer librement dans passer par le salon officiel organisé par l’académie des Beaux Arts.

La première exposition impressionniste est organisée a Paris en Avril 1874. Berthe y présente plusieurs tableaux, dont cache-cache (huile sur toile de 45x55cm - Collection particulière).

« L’impressionnisme, c’est la naissance de la lumière en peinture »

-Robert Delaunay

Ce n’est qu’a partir de 1879 que deux autres femmes joignent leurs noms au catalogue des peintres associés : Marie Bracquemont et Mary Cassatt.

C’est au plus fort de la tempête impressionniste, alors que les peintres indépendants en sont a leur troisième exposition et continuent de soulever sarcasmes et moqueries, que Berthe Morisot met au monde son premier et unique enfant. Julie. Nous sommes le 4 novembre 1878.

« Elle nage dans le bonheur. Elle en oublie de peindre. Les premières semaines qui suivent l’accouchement, elle les passe a contempler ce petit miracle. Elle vit au rythme de l’enfant, elle respire a son souffle. Elle ne perd pour une fois la cadence des expositions de ses amis. Il lui faudra apprendre a associer et même a sublimer ses deux vocations : épouse par nécessité sinon par obligation, épouse par devoir, elle sera mère et peintre a la fois, avec passion »

Passage du livre - Dominique Bona - Berthe Morisot - Le secret de la femme en noir

Berthe ne se sépare jamais de sa fille. Elles vont vivre ensemble pendant 17 ans. Elle va peindre chacun de ces instants, faire de sa peinture « un hymne a l’enfant »

Au total, 70 toiles sans compter les pastels, les aquarelles, et les fusains. C’est l’histoire d’un amour heureux. 

En 1892, elle organise sa première exposition personnelles a la galerie Boussod et Valadon a Paris. L’accueil est favorable. La même année, son mari décède. 

Berthe Morisot contracte en février 1895 une maladie pulmonaire qualifiée de grippe ou congestion pulmonaire. 

« J’arrive a la fin de la vie dans les mêmes conditions qu’une débutante et tout en faisant bon marché de moi-même, cela n’est pas réjouissant … »

Ce que Berthe écrit ici a Edma, en 1890, révèle bien son état d’esprit. Jamais elle ne se satisfera de sa technique ni son art de peindre : ils lui paraissent toujours en deçà de son ambition comme de son idéal.

Elle décède le 2 mars 1895. Elle a 54 ans. Par discrétion, elle a demandé qu’on l’enterre dans l’intimité et qu’il n’y ait pas de faire-part. 

Sur le certificat de décès a la rubrique profession, il est noté : « sans » 

L’époque n’autorisait pas la reconnaissance d’une femme peintre.

Article publié il y a 3 mois

Aldjia

Créatrice et animatrice de podcasts

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